• Julien Langella

A quoi l’on reconnaît le progrès et la sauvagerie


Notre époque se veut le sommet du progrès humain. Bien sûr, les innovations ont un autre visage, celui de Mr Hyde, que les Dr Jekyll de la bonne société libérale-libertaire tentent de dissimuler : floraison de nouveaux cancers et leucémies liés à l’industrie agroalimentaire et aux pesticides, baisse du QI et explosion des déficits de l’attention à cause des écrans et des ondes, maltraitance ordinaire de nos vieux, implosion de la famille laissant apparaître une nuée de zombies individualistes transgenre, éradication de la paysannerie au profit de métropoles saturées de miséreux incapables de se nourrir eux-mêmes, numérique généralisé, etc. « On trouvera bien étrange dans deux cents ans, écrivait Bardèche, une civilisation qui s’occupe d’envoyer des cerfs-volants dans la lune et qui ne réussit pas à nourrir l’humanité. »

« La civilisation européenne s’est bâtie sur tout autre chose : la "perfection", c’était l’aboutissement d’une forme, la mesure, l’équilibre ».

Ce n’est pas nouveau et les dernières trouvailles archéologiques au Mexique et au Guatemala nous donnent une riche leçon. Comme nous, les Mayas - mais aussi les Aztèques - brillaient par la précision de leur savoir astronomique, leurs connaissances scientifiques (leur calendrier solaire était plus précis que le nôtre) et leurs prouesses en matière de promotion immobilière (leurs pyramides et esplanades sont plus volumineuses que leurs cousines d’Egypte). Comme nous, ils laissaient leurs paysans mourir de faim entre deux récoltes obtenues à grand coup d’agriculture intensive : la cendre issue des incendies de forêt servant d’engrais, ce qui rendait les terres inutilisables pour plusieurs années. Comme nous, ils sacrifiaient des millions d’innocents au nom de dieux obscurs et insatiables : en France, 6 à 8 millions d’enfants à naître, depuis la loi Veil, sont tués sur l’autel des valeurs républicaines. Et comme nous, ils préféraient bâtir des temples et des pyramides prométhéennes et laisser vivre leur population dans des cages en bambou renforcé de palmes et de boue. Les villes mayas étaient des centres cérémoniels où l’on empilait, fébrilement, des bâtiments remplis d’idoles maculées de sang, entourés par une constellation éparse de fermes villageoises, dont les membres étaient sommés, régulièrement, de contribuer à la démence des « Divins Seigneurs » en portant des kilos de calcaire sur le dos, pour l’édification de ces structures, alors qu’ils connaissaient l’usage de la roue. Le système oligarchique maya se caractérisait par une absence totale de bon sens pratique et un racket permanent, comme celui du Fisc aujourd’hui, sur le dos du peuple autochtone.

La civilisation européenne s’est bâtie sur tout autre chose : la « perfection », c’était l’aboutissement d’une forme, la mesure, l’équilibre. Cela donna des villes harmonieuses où chacun pouvait protéger sa famille du chaud et du froid, dans des rues suffisamment étroites pour freiner les envahisseurs et des places assez larges pour sonner l’appel aux armes. Les barbares du « Nouveau » monde ne connaissaient pas le bien commun. Leurs créations brillent de mille feux mais, derrière cette lumière aveuglante, ils vivent sur un charnier. Comme nous.

Article paru dans le quotidien Présent, le 24 octobre 2019.

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