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Le Rosaire et le manche de nos fourches




Le Motu Proprio du pape François, qui vise l’extinction progressive de la liturgie traditionnelle, est une formidable épreuve.


Elle nous permet de quitter un certain libéralisme mondain. Cette fois-ci, on ne peut plus se contenter d’invoquer « les nombreuses maisons dans la demeure du Père » et autres arguments de tolérance éculés : « mon cheminement passe par la messe saint Pie V, d’autres apprécient la messe en français, chacun son truc, je veux juste défendre la liberté… » On ne peut plus se cacher derrière cet égalitarisme bon chic bon genre, il s’agit d’assumer le choix du missel ancien, plus vivant que jamais au rythme où vont les vocations et les conversions d’adulte au sein des communautés traditionnelles.


Nous sommes l’avenir de l’Eglise. C’est un fait, le temps joue pour nous et c’est bien la raison pour laquelle il ne faut rien lâcher, ne rien céder à l’autoritarisme du temps, de l’Elysée au Vatican. Nous avons choisi le rite tridentin parce que sa richesse de symboles, ses silences et son sens du sacré nous portent vers le Ciel.


Le monde moderne est une « conjuration permanente contre toute vie intérieure » (Bernanos), et nous puisons, au refuge de la forme extraordinaire, l’eau vive qui nous retrempe dans le Jourdain à mesure que nous marchons dans cette « vallée de larmes démocratiques », selon l’expression de Cyril Farret d’Astiès, auteur d’un essai indispensable : Un heureux anniversaire ? Essai sur les cinquante ans du missel de Paul VI (2017).


Liberté ? Oui ! Mais pour quoi et pour qui ? Liberté pour l’avenir qui regerme sous l’épaisse couche des persécutions progressistes, liberté pour Dieu porté en procession publique sous le dais de soie ! Cette rupture avec la dynamique engagée par Benoît XVI est un tremplin vers une affirmation plus offensive de nos choix, qui ne sont pas des « parcours de vie » subjectifs, mais des règles de vie entières.


Un point commun, toutes proportions gardées, relie Emmanuel Macron au pape François : une crise d’autorité malsaine qui ne se justifie que par l’ivresse du pouvoir. Dans le cas du Pass sanitaire comme du Motu Proprio, nous sommes confrontés à des institutions gagnées par une fièvre idéologique, et la rage qui l’accompagne habituellement contre les gêneurs.


Aucun argument raisonnable ne les fera céder, elles agissent ainsi parce qu’elles en ont le pouvoir. C’est tout. Je ne sais pas si le pape est « hérétique », « schismatique » ou simplement un vieux boomer insupportable. Il demeure le détenteur d’une autorité qu’on ne peut balayer d’un revers de la main si l’on croit dur comme fer, à la façon du charbonnier, à la parole du Christ : « … sur cette pierre je bâtirai mon église et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle ». Un peu comme cet oncle toujours saoul aux réunions de famille : malgré ses turpitudes, je n’agirai pas comme un vulgaire démocrate – et un mauvais fils – en livrant l’ancien à des ricanements partisans.


Le catholique se tient bien : il n’embrasse pas le Coran, ne donne pas son argent à Amazon, ne crache pas sur son chef en public et ne twerke pas. En attendant la fin du monde, gardons nos mains jointes sur nos rosaires et nos fourches prêtes à l’emploi.


Julien Langella



Retrouvez tous les samedis, dans le Quotidien Présent, les réflexions inspirées par l’actualité à Julien Langella, cofondateur de Génération identitaire et membre d’Academia Christiana.


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