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Le Coronavirus, antichambre du meilleur des mondes



   L’épidémie actuelle est un révélateur de quelques tendances de fond au sein de la société occidentale. Le premier vainqueur de la crise sanitaire est l’égoïsme : on fait sonner les casseroles à 20 h pour soutenir nos soignants mais on accumule des stocks alimentaires comme si les chaînes d’approvisionnements étaient rompues, laissant les denrées les plus chères (dans le meilleur des cas), ou des étals vides (plus souvent), aux autres clients.


Comme toujours, la pénurie est fille de la panique. En cas de crise économique massive et tangible, on vous laisse imaginer comment réagiront les Français, consommateurs déracinés connaissant mieux leurs amis FB que leurs voisins.


On s’interroge d’ailleurs sur la soudaine générosité de l’Etat qui garantit l’ensemble des salaires : il y a un mois, on n’avait plus un sou pour l’Ecole et les hôpitaux, et maintenant on arrose les employés. Il faudra tout ou tard passer à la caisse et l’addition menace d’être salée… Ça tombe bien : la police parisienne teste de nouveaux drones pour surveiller les dangereux irresponsables et autres mauvais citoyens qui sortent en ville sans attestation valide.


La crise stimule l’industrie de la robotique et l’élaboration de moyens de contrôle social plus performants : les futurs Gilets jaunes doivent s’y préparer. Autre vainqueur de la pandémie : le gros capitalisme, représenté par les GAFA (Google Amazon Facebook Apple Microsoft) et les multinationales qui disposent de la logistique suffisante pour continuer de livrer leurs clients.


Les commerçants, paysans et autres indépendants, petits métiers qui font vivre les terroirs et les quartiers, créant du lien social et de l’autonomie, montrent déjà leur obsolescence : les Français plébiscitent les services à distance, ubérisés et à la demande, d’Amazon à Netflix en passant par la plupart des grosses enseignes.


Dans l’histoire du capitalisme, la pandémie joue le rôle de « destruction créatrice » décrite par Joseph Schumpeter : étape indispensable dans le processus évolutif de l’économie, sacrifice nécessaire des petits au profit des gros, soi-disant plus à même de satisfaire les besoins d’une population croissante, quitte à les empoisonner, à les stériliser et à les abrutir. Parce qu’il montre sa capacité à maintenir son activité en temps de crise et prête même ses techniques aux Etats (Trump a récemment demandé à Amazon d’utiliser ses procédés complexes de calcul), le gigantisme libéral est le grand gagnant de la pandémie. Sa victoire illustre la stratégie du choc avancée par Naomi Klein : les traumatismes sont aussi l’occasion pour le Système de renforcer son pouvoir sur les consciences.


En effet, disait Thatcher, There is no alternative : « il n’y a pas d’alternative » ! Nous entrons dans un monde de plus en plus invivable dont chaque crise n’est que l’opportunité pour nos maîtres d’optimiser leur mainmise sur les peuples. Il y a urgence : il faut se préparer à résister physiquement, culturellement et spirituellement, par tous les moyens mêmes légaux, à la consolidation accélérée du Meilleur des mondes.


Julien Langella


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Chronique publiée dans le quotidien Présent



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