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Le christianisme, quelle folie !




Au centre de notre étendard est plantée une croix. En ce temps de carême Academia Christiana propose à ses lecteurs de méditer sur la signification de La Croix dans la vie du chrétien.

« La croix qui est plantée depuis treize siècles sur une terre chrétienne, cette croix représentant la religion catholique avec ses institutions, ses coutumes, ses familles, ses églises, ses écoles, cette croix ne sera efficacement défendue et sauvée que si l’on défend la terre qui la supporte. »

Dom Gérard, père Abbé du Barroux.


Qu’est-ce que la croix ?


D’abord l’instrument du supplice. La Croix c’est l’oeuvre du salut, Notre Seigneur accepte de mourir pour nous racheter par son sang. Il offre sa vie en sacrifice pour réparer nos fautes.


Notre nature humaine est belle car elle a été créée par Dieu, toute la création est belle et aimable. Contrairement aux protestants nous ne croyons pas que la nature est irrémédiablement infectée par je ne sais quelle malédiction. La nature est belle, nous devons célébrer la poésie du cosmos car admirer la nature c’est en même temps chanter la gloire du créateur.


Et pourtant, bien que l’univers soit beau, nous voyons tous les jours combien notre petit moi est décevant, gonflé d’orgueil, incapable d’aller jusqu’au bout de ses projets, lâche, paresseux… Le péché originel n’est pas une malédiction jetée sur l’univers, le péché originel ne rend pas la création infecte, il nous a seulement blessé. Nous sommes comme un athlète qui se serait fait une entorse. Nous voulons sauter mais nos jambes nous font défaut et nous retombons misérablement dans la fange. Nous pourrions être tentés de nous révolter, de désespérer, de nous réfugier dans l’amertume et l’aigreur des faux dévots; le remède c’est la croix ! La Croix nous sauve ! Le seul médecin capable de nous guérir de cette entorse c’est le Christ.



Quelles sont les conséquences du péché originel ? Il trouble notre intelligence et notre volonté : il devient plus difficile de connaître le vrai, et plus difficile de donner des ordres à notre volonté, de faire efficacement le bien.  Nous ne sommes pas devenus des démons, nous sommes seulement des créatures blessées, notre amour pour les autres créatures devient trop facilement désordonné. Nous aimons une femme, comme c'est beau ! mais immédiatement la tentation de la posséder en notre empire comme un sujet parmi d’autres nous hante. Nous voulons faire le bien en politique, mais très vite nous rentrons dans les petites querelles partisanes, nous tirons la couverture à nous, nous nous vautrons dans la veulerie généralisée que nous dénoncions auparavant. 


La Croix vient nous sauver de deux manières : d’abord parce que le Christ par sa grâce agit de façon surnaturelle, il est un médicament qui vient soigner notre nature blessée, il illumine nos intelligences et redresse nos volontés. Ensuite parce que le Christ par sa croix nous indique le chemin : « rien de grand ne s’est fait sans sacrifice » « il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour autrui ». La Croix est donc le chemin que doivent prendre nos vies, si tu veux vivre, aimer et porter du fruit, il faut mourir ! La Croix c’est donc l’abandon en la providence divine.





Rappelons nous ce qui distingue le héros grec du saint Chrétien : le héros grec obéit toujours avec intelligence au devoir que lui impose la morale naturelle, le saint chrétien va jusqu’à la folie « se laisser dévorer comme un agneau par le loup »! N’ayez pas peur ! On vous crachera dessus, on dira toutes sortes d’horreur sur vous à cause de moi ! Réjouissez-vous. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne. Qu’est-ce que la foi ? si ce n’est cet abandon ? Cette foi est en quelque sorte rassurante, nul besoin de gesticulations intellectuelles ou de contorsions ascétiques pour suivre le Christ, il suffit de nous abandonner dans les épreuves.


La Croix consiste donc à ne jamais s’alarmer lorsque nous sommes dans les épreuves. Les épreuves sont nos croix. Il ne faut pas rechercher bêtement les épreuves, elles viendront d’elles mêmes . "Paix mes brebis" nous dit encore le Christ, soyons tranquilles comme des agneaux qui vont à l’abattoir.


Agneau oui, mais pas gigôt … il ne s’agit pas non plus, comme le pensent malheureusement beaucoup trop de nos frères, de laisser le mal s’inoculer dans les âmes de nos enfants et d’assister passivement à la destruction de l’Europe. En tant que pères ou mères nous avons le devoir de protéger nos enfants. Le bon pasteur est celui qui prend soin de son troupeau. Le Christ ne nous abandonne pas face aux loups féroces, il meurt pour nous sauver. Le courage chrétien c’est de mourir pour les autres, non de les laisser mourir, en restant passifs comme des lâches.





La Croix vient vers nous, nul besoin de chercher les persécutions pour qu’elles se mettent sur notre route. L’Eglise elle même peut venir nous persécuter. Saint Thomas d’Aquin, docteur universel de l’Eglise - ce n’est pas n’importe qui - fut condamné par l’archevêque de Paris Etienne Tempier, au motif de fraterniser avec les païens. Il avait eu le malheur de commenter le philosophe grec païen Aristote. Le St Curé d’Ars fut souvent pris pour un fou en son temps, Padre Pio passa des mois dans une cellule parce qu’on ne croyait pas à ses stigmates, Jehanne d’Arc fut condamnée par les évêques de son temps. Les moqueries, les trahisons, le mépris que nous pouvons subir de la part de nos supérieurs ecclésiastique ne doit pas nous inquiéter. Non pas que nous soyons déjà des saints et qu’il faille avoir une confiance démesurée en nous mêmes; il est bon d’écouter les critiques. Il est bon d’obéir à ses supérieurs légitimes lorsque ce qu’il nous commande ne va pas à l’encontre directe de la foi ou de la charité; mais souvent la croix passe par des chemins humains : il faut supporter les faiblesses de nos amis, la mauvaise humeur d’un époux, les critiques de ses voisins, le désaveux de certains de nos supérieurs.  Encore une fois, supporter ne signifie pas qu’il faut avaler toutes les couleuvres, il faut continuer à avancer dans la voie qui nous semble la plus droite, continuer à faire notre devoir de militants et ne pas trop nous troubler des embuches que nous rencontrons : qui a dit que ça serait simple ?





Suivons le Christ, suivons l’exemple des saints, ne devenons pas des pessimistes aigris par la vie, derrière la croix il y a de nouveau la vie. Si notre Dieu s’est fait corps, chair, peau, os et sang c’est pour que nous ne méprisions jamais notre corps et notre vie d’ici bas. Notre religion est celle de l'incarnation ! Le sacrifice n’est pas un mépris du corps, bien au contraire, c’est le fait de considérer que nous marchons dans les pas du Christ avec notre corps, à travers nos petites vies semées de joies inestimables et parfois troublées par les orages les plus sombres.





La Croix nous rappelle également qu’on ne peut jamais contourner le conflit. Le conflit est père de toute chose nous rappelle la sagesse antique d’Héraclite. Il est nécessaire de passer par l’épreuve, par la dispute, par la lutte pour forger nos âmes, la mort est donc le passage obligé de la vie.


Le christ s’est incarné, il a pris corps dans le sein d’une femme, il est passé par toutes les médiations humaines sans jamais dénigrer la culture dans laquelle il était né,  la croix elle aussi est faite de bois d’arbre et a été plantée dans une terre. La Croix a sanctifié l’Europe, elle a fait fleurir la civilisation sans rien supprimer des plants pré-chrétiens qui avaient déjà germés dans cette terre. La Croix est le symbole de notre civilisation, non pas que les autres peuples, africains, asiatiques ou océaniens ne puissent eux aussi embrasser cette croix, mais la Croix a servi de signe de ralliement, elle est devenue le symbole des croisés, l’étendard de la reconquista, l’idéal de tous les chevaliers.





La civilisation chrétienne ce n’est pas une image d’Epinal dans laquelle on pourrait voir des peuples entiers réciter pieusement avec gueules d’anges sulpiciens toutes les litanies des saints. La chrétienté ce n’est pas non plus le rêve de voir se soumettre les hommes à une institution ecclésiale, de voir se transformer les peuples enracinés en cornichons insexués, abreuvés d’une piété désincarnée. Non la chrétienté c’est le seul remède contre la tyrannie de l’argent, le seul moyen pour l’Europe de retrouver sa grandeur spirituelle, c’est une alliance du sol et du ciel ; un pacte, scellé par le sang des martyrs, entre la terre des hommes et le paradis de Dieu ; un jeu candide et sérieux, un humble commencement de la vie éternelle. La chrétienté c’est cette croix plantée dans la terre pour aider les peuples enracinés à s’élever. 



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