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La droite face à l'antifascisme : la grande reculade



L’antifascisme est une arme redoutable mise en place par notre adversaire. Elle consiste d’abord dans la création d’une entité symbolisant le mal absolu, un mal sans nuance, l’icône de la détestation et de la haine, la violence absurde et sans limite. Ce mal est incarné par le nazisme, nouvelle bête immonde du système religieux contemporain. Par un glissement progressif, tout ce qui touche même de loin au nazisme peut lui être rapporté. Tous les régimes autoritaires ou nationalistes du XXème siècle sont associés au nazisme : le franquisme est nazi, le fascisme est nazi, le pétainisme est nazi…


Dans un deuxième mouvement, le conservatisme, la pensée de droite, les valeurs familiales, la défense de nos identités sont rapprochées du nazisme car on les retrouve dans les différents régimes autoritaires du XXeme siècle. Tout ce qui est de droite, de la communauté de l'Emmanuel à la Fraternité Saint Pie X, de François Fillion au Bastion Social en passant par La Manif Pour Tous et Génération Identitaire est nazi. 


Cette arme est redoutable car elle est instinctive, passionnée et irrationnelle : on n’argumente pas face au mal absolu. Pas de liberté pour les ennemis de la liberté, pas de quartier pour les fachos. 


« Nous arrivons à nous ostraciser entre nous, nous devenons infréquentables au sein de notre propre mouvance, nous nous censurons nous-mêmes. »


Cette année, des étudiants de l’Institut Catholique d’Etude Supérieur, dont la devise est « l’audace d’être libre », ont bousculé un stand lors d’une manifestation LGBT à La Roche sur Yon. On peut trouver ce type d’action inopportun et s’en désolidariser. Les médias locaux n’ont pas manqué de faire le rapprochement entre les étudiants et leur faculté. Le directeur de l’ICES en a été jusqu’à se porter partie civile contre ses propres étudiants, à les condamner à des travaux d’intérêt général ou même à en renvoyer certain, et à envoyer le porte parole de l’école dans une manifestation LGBT en soutien à la communauté. Bien évidemment ses adversaires ne l’ont pas remercié et continuent à le traiter en ennemi. Au final il a tout perdu, plus personne ne le soutient dans son propre camp, la réputation de l’école est ruinée auprès du public catholique de droite et la communauté LGBT ne lui fera pas plus de cadeau. Cette affaire n’en est qu’une parmi d’autres, on peut penser à la manière dont avaient été relégués les élus du Front National lors des premières Manif Pour Tous…  


Tout le monde a peur d’être diabolisé et d’être traité de fasciste par son ennemi. On est tous le fasciste ou le nazi de quelqu'un d'autre. Au final on cherche tous une forme de respectabilité médiatique et une reconnaissance de la part de notre adversaire. Le moindre faux pas (un mot de trop sur l’immigration ou sur la question homosexuelle), la moindre mauvaise fréquentation (discuter avec un paria des médias), sont immédiatement traqués par les médias. 


L’antifascisme des médias fonctionne d’autant mieux qu’il n’a pas forcément besoin des soldats du politiquement correct : nous arrivons à nous ostraciser entre nous. Nous devenons infréquentables au sein de notre propre mouvance. Nous nous censurons nous-mêmes. On refuse d’aider tel groupe avec qui nous partageons 70% de nos idées de peur d’être à notre tour désigné comme infréquentable. Telle communauté religieuse conservatrice craint de se voir refuser l’ouverture de lieux de culte par les évêques français et refuse de louer des locaux à un organisme de formation politique, Marion Maréchal a peur de se rendre à Academia Christiana car les médias lui reprocheraient ses liens avec des catholiques « intégristes »… Bref, chacun a son étiquette qui fait peur, et chacun obéit aux lois de l’antifascismes : on reste des groupes isolés, incapables de se fédérer pour le moindre projet. 


Il est parfois confortable de s’installer dans une certaine forme de respectabilité, une fois qu’on est toléré par quelques cercles journalistiques on accepte volontiers de jeter en pâture une fois par an nos anciens camarades. Je me souviens de quelques articles dans Causeur ou dans L'Incorrect, écrit par des « gens de chez nous » qui envoyaient Génération identitaire ou le Bastion social dans les poubelles du nazisme.


Tant que notre mouvance, au sens le plus large qui soit, n'aura pas pris conscience qu'elle a un ennemi commun qui ne lui fera jamais aucune concession, nous continuerons à nous tirer des balles dans le pied et à reculer sans que notre adversaire ait besoin de nous toucher. Il suffit que l'antifascisme médiatique agite de loin ses menaces d'anathèmes pour que nous nous auto-disciplinions en excommuniant les brebis galeuses de nos rangs.


Il est impératif que nous fassions prendre conscience à ceux qui figurent également sur le bancs des accusés que nous appartenons, même de manière informelle, à une communauté militante, afin de sortir de l’esprit bourgeois et entrer avec courage dans la reconquête.


Pas de coup de poing à droite ! Du courage et basta !



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