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La droite nationale sur ses deux pieds



Une partie notable des bastions de la bourgeoisie catholique a voté Eric Zemmour au premier tour, devançant parfois Marine Le Pen. Nous devons cette observation à Hervé Ryssen, qui a soigneusement comparé les scores des duellistes de la droite nationale :

— à Versailles, le Z obtient 18.48 % contre 8,59 % pour Marine ;

— à Rambouillet, 12,15 % contre 14,14 % (dans cette commune, le vote patriote a doublé) ;

— à Fontainebleau, 12,15 % contre 12,5 % (là aussi, le vote patriote a plus que doublé) ;

— à Saint-Germain-en-Laye, Zemmour attire à lui 10,6 % contre 8,42 % ;

— à Compiègne, Zemmour fait 8,3 % face à Marine Le Pen qui atteint 18 % (la droite patriote se hisse de 17,92 % à 26,30 %).

Idem à Chartres et Senlis. A Paris, dans le XVIe arrondissement, le VIIIe, le XVIIe, à Saint-Mandé, à Neuilly et à Sarcelles, où on note une forte présence juive, Zemmour dépasse les 15 % là où Marine peine à dépasser la barre des 10 %, voire 5 %.


Ainsi, explique Ryssen, Zemmour « semble le candidat des gens instruits et cultivés qui veulent continuer à vivre dans un pays civilisé ». Ces bourgeois, loin d’être tous des « gros cons égoïstes », « sont aussi nombreux à être patriotes et conscients des dangers qui nous guettent. Ils ont simplement un problème avec Marine Le Pen ». Il y aurait donc, c’est un peu tôt pour l’acter, un vote Zemmour au sein d’une bourgeoisie catholique, et parmi la bourgeoisie juive, ce qui fait met en échec Francis Kalifat, président du CRIF, qui déclarait en septembre dernier : « Pas une voix juive pour le potentiel candidat Zemmour ! »


Néanmoins, par définition, la bourgeoisie vit dans un confort qui façonne un univers mental assez étranger à l’impératif de « survie » brandi par Marine Le Pen et Eric Zemmour. Pour l’arrimer au camp national, il faudrait qu’elle se sente menacée comme elle l’a été par le communisme en Italie avant Mussolini et en Espagne avant Franco. La bourgeoisie française ne connaît pas ce sentiment d’urgence éprouvé par ses devancières dans les pays menacés par la gauche radicale au XXe siècle. En quelque sorte, nous n’allons pas assez mal.

Que veulent les Français ? D’abord, du pouvoir d’achat : il s’agit pour certains d’avoir de quoi manger, pour beaucoup de consommer abondamment selon la définition actuelle du bonheur. L’homme ne vit pas que de pain, c’est entendu, mais le Français ne le sait plus. Et tant que la bourgeoisie catholique vivra confortablement, que ses enfants pourront aller au conservatoire, à la messe et chez les scouts, elle continuera de se croire à l’abri de la fin du monde.


Alors, que peut-on reprocher à Marine Le Pen sinon de prendre les Français comme ils sont ? Et pourquoi blâmer Eric Zemmour de leur rappeler qu’ils étaient autrefois un grand peuple et qu’ils peuvent le redevenir ? Au-delà de ces stratégies divergentes, il y a un clivage : le pays légal de McKinsey, de la vaccination Covid pour les enfants, du racket fiscal et de l’invasion migratoire, ou le pays réel de l’intérêt national et de la liberté.

Julien Langella



Retrouvez tous les samedis, dans le Quotidien Présent, les réflexions inspirées par l’actualité à Julien Langella, cofondateur de Génération identitaire et membre d’Academia Christiana.


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