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Vive le peuple, vive la dictature !


Des roitelets qui abdiquent eux-mêmes leur couronne : un Français sur deux est abstentionniste, un Français sur deux ne croit pas en la démocratie. Le suffrage universel, c’est le triomphe de l’indifférence : le système repose tout entier sur l’acceptation préalable de ce qui sortira des urnes, peu importe l’animal. Le suffrage universel, dénonce Primo de Rivera, « farce des petits papiers déposés dans une urne, posséderait la vertu de nous dire à chaque instant si Dieu existe ou non, si la vérité est la vérité ou non, si la patrie doit continuer à vivre ou s’il est préférable qu’elle se suicide (…) Il faut haïr le peuple pour lui souhaiter un système qui le convertisse tous les deux ou trois ans en champ d’expérimentation de tous les ambitieux ».

Il est logique qu’à force de déceptions et d’alternance sans changement, le peuple se détourne d’un jeu auquel il ne gagne jamais. Il est tout aussi naturel que, ayant pris l’habitude de tolérer l’intolérable au nom de la « volonté du peuple », ce même peuple accepte de courber l’échine devant n’importe quelle décision politique, ou même, n’importe quelle nuisance (voisinage, impolitesse, moqueries, etc.). Après tout, qui est-il, ce Français moyen, pour prétendre détenir la vérité alors que la voix du dernier des roublards a autant de valeur que la sienne ? « J’ai pas l’droit de regarder la télé’ ?! », mugit le voisin indélicat, observateur attentif du respect des libertés fondamentales et biberonné aux Droits de l’Homme chez les Ch’tis. La démocratie, c’est la victoire définitive des imbéciles heureux donneurs de leçon : « mais c’est TA vérité ! » Alors, on se soumet. Le suffrage universel est la tyrannie de la majorité de la minorité des votants conduits par des médias aux mains de la finance. C’est une école de la servilité volontaire. La gloire du démocrate est que « chacun ait pu s’exprimer » au milieu des ruines d’un pays démoli par les loups élus par des moutons. Leur fausse démocratie implique mécaniquement l’inversion des valeurs, le relativisme moral, et à la fin, le nihilisme, le désespoir et l’abandon de la vie. Leur « démocratie » est un suicide collectif.

Il nous faut un Etat populaire : fort avec les prédateurs, et d’autre part, exigeant, protecteur et bienveillant avec son peuple. Pour que cet Etat soit populaire, il doit être autoritaire. Les partisans du RIC hurleront au loup… Mais Macron et ses barbouzeries benaliennes, n’est-il pas un tyran ? Pour échapper au tyran, il nous faut un protecteur, un homme fort, un homme libre. Une partie non-négligeable des Français semble prête à l’accepter : selon un sondage de 2017, un Français sur deux pense que « la France doit avoir à sa tête un homme fort qui n’aurait pas à se préoccuper du Parlement ni des élections »  et 41 % des Français, selon une autre étude de novembre 2018, souhaitent « un pouvoir politique autoritaire, quitte à alléger les mécanismes de contrôle démocratique ». Vive le peuple, vive la dictature !

Julien Langella



Retrouvez tous les samedis, dans le Quotidien Présent, les réflexions inspirées par l’actualité à Julien Langella, cofondateur de Génération identitaire et membre d’Academia Christiana.


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