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Vers un monde Transhumaniste


Le transhumanisme trouve ses racines dans l’humanisme naissant du XVème siècle quand, déjà certains penseurs européens font de l’individu la mesure de toute chose mettant ainsi l’Homme au centre et écartant de ce fait toute transcendance divine, naturelle voir sociale ou civilisationnelle. L’Homme devient ainsi un être autonome au sens de créateur de sa propre norme qui ne connait dès lors plus de limite notamment créatrice.

Penseurs et philosophes font du libre arbitre une valeur absolue remettant spécialement en cause les dogmes de l’Eglise notamment par une interprétation divergente des textes sacrés. Affirmant leur foi en l’Homme, individu subjectif et non soumis à des valeurs transcendantes, ces penseurs promeuvent les valeurs de tolérance et de culture.

Par la suite viennent les philosophes des lumières, les droits de l’Homme, le libéralisme. Nietzsche avec son célèbre « Dieu est mort » constate la disparition des dernières traces de transcendance. L’Homme est placé au-dessus de tout. L’objectif devient l’épanouissement de ce dernier avec une foi inaltérable dans sa possibilité de progrès.

La question du progrès est ici fondamentale. Il devient impensable que l’Homme, devenu Alpha et Oméga de l’univers, ait encore à subir les contraintes naturelles, celles induites par notre biologie (La maladie, la mort, la faim, …) mais aussi par conséquent, celles que notre nature nous imposait pour vivre (la communauté, ces règles, …). L’Homme doit se débarrasser de ces règles naturelles qui l’empêchent d’avancer vers le progrès. La libéralisation forcée de notre cité par la destruction progressive des communautés naturelles s’inscrit dans ce cadre.

A la sortie de la 2nde guerre mondiale, le croisement de plusieurs disciplines scientifiques a permis le développement des NBIC (Nanotechnologie, Biotechnologie, Intelligence artificielle et sciences Cognitives). Les progrès technologiques de ces 50 dernières années accroissent considérablement les possibilités de modification du corps humain. A partir de la fin des années 70, de nombreux groupes de penseurs scientifiques, se penchent sur la question de dépasser par la science les capacités humaines donnant ainsi corps à la pensée transhumaniste.

Les transhumains sont parmi nous. Proche de la science-fiction, dans l’univers collectif, cette idée d’affranchir l’Homme de sa condition humaine nous semble profondément utopique. Pourtant, chaque jour, un nouveau lot de découverte technologique vient nous aider à nous épanouir.

Les Google glass permettent à tous de profiter de la réalité augmentée, c’est-à-dire avoir accès en temps réel à toutes les informations sur le lieu où l’on se trouve, ou se trouvent nos amis. Un homme qui a perdu ses deux jambes peut, grâce aux nouvelles prothèses, courir plus vite qu’aucun être humain ne l’a jamais fait. La pénibilité du travail va disparaitre avec l’arrivée de nouveaux exosquelettes qui permettent de travailler des journées entières sans sentir la moindre fatigue physique. Ces avancées technologiques permettent réellement à l’Homme d’échapper aux contraintes naturelles. Il en va de même dans les avancés médicales ou la greffe d’organes est devenue une pratique courante. Des organes qui, dans peu de temps, seront uniquement mécaniques ou clonés et donc pouvant être reproduits de manière quasi infini.

Mais ces avancés que l’on nous présente comme un progrès jamais atteint dans l’histoire de l’humanité ne représentent que la partie émergé de l’iceberg. Le transhumanisme ne vient qu’à la suite du libéralisme. Puisque l’être humain est libre de tout, puisque l’accomplissement de son essence découle de la poursuite de son intérêt individuel, il semble logique qu’il puisse s’émanciper de sa nature humaine. La marchandisation ou la destruction de l’être humain en devenir n’est qu’une conséquence logique de cette pensée. En effet, pourquoi devrait-on se retreindre à la nature pour la question de la descendance ? Il est aujourd’hui possible de choisir sa progéniture, sa future taille, la couleur de ses yeux, … afin qu’il puisse un jour exploiter le maximum de ses capacités humaines et ce sans même se fatiguer, via internet tout en restant dans son salon.

Les tenants du transhumanisme ne sont pas de vulgaires risques ou dans de sombres garages, Google en est l’un des promoteurs les plus avancés. L’entreprise américaine subventionne la Singularity University, l’université d’été du transhumanisme et à son propre laboratoire de recherche sur cette question, Google X. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Amazon en robotisant ses processus et en les appliquant à ses employés a réussi à augmenter leur productivité.

Le transhumanisme n’est donc pas une lubie de chercheurs fous mais bien un dessein pour l’humanité lentement mise en place.


Pour aller plus loin :

https://dextra.fr/bibliographie/


Fréquence Soleil Vert

https://dextra.fr/vers-un-monde-transhumaniste/


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