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Redécouvrir le sens du concret



Le temps du confinement aura sans doute été l'occasion pour beaucoup de français de ressentir avec plus d'acuité le poids du cadre vie citadin et des nombreuses dépendances qui l'accompagnent.


Il est peut-être temps de découvrir la richesse du cadre domestique et familial, les richesses de chacun de ses membres, conjoints, enfants, avec leurs forces et leur faiblesse, leur monde intérieur. Il est aussi important de redécouvrir nos aînés, à l’atelier ou au potager, où l’on donne et reçoit ; ici, il n’y a pas de retour sur investissement.


A la serre, quand on prépare les semis, repique les plants, les accompagne de tuteurs ; à l’atelier quand on dérouille, aiguise et huile sécateurs et chaines; les résultats sont bien loins d’être immédiats; à l’inverse de nos sociétés technologiques et complexes.


Dans ces lieux, on veut apprendre des techniques – qui restent un moyen pour cultiver et non un but en soi. Ces changements s’exercent en profondeur en bénéficiant de la transmission d'une culture.


Une culture ne s’achète pas et n’est pas un produit (contrairement à la culture américaine où tout est marchandise) c’est d’abord une transmission, un ensemble de code qui se transmet par filiation, dans nos « vieux pays »..


À ce sujet, je vous recommande le documentaire « le potager de mon grand-père » de Martin Esposito, qui se déroule dans l’arrière-pays niçois :




Ce documentaire met en mouvement et donne envie de se mettre à jardiner ; dans les échanges entre Martin et son grand-père, on redécouvre les vertus de patience, d’humilité et d’écoute des anciens.


Ces échanges entre Martin et son grand-père éveillent également une ressource de plus en plus rare : l’espérance. Un art pour certains, une vertu surnaturelle et divine pour d’autres, qui va nous amener à être responsables de notre mémoire, qui ne se délègue pas aux cénacles institutionnels de la techno-science et ses « applications smart ».


Le jardin et son potager en conversion bio ou en permaculture pour mieux comprendre les interactions vivantes sont des moyens qui ne consistent qu’à prendre soin de l’autre et de la terre, de notre faculté d’espérer localement pour s’organiser et installer une relative autonomie à échelle individuelle, familial ou communautaire.


Par conséquent, ces moyens aideront à redécouvrir son propre écosystème à échelle humaine en combinant l’art de la mémoire et l’art d’espérer.


« Ce que j’ai reçu de mon grand-père, j’aimerais que les enfants d’aujourd’hui puissent le recevoir. Mais aujourd’hui, avec la mobilité, l’éloignement, le fait que les personnes âgées soient placées en maison de retraite, la transmission devient plus difficile […] Le jardin est véritable antidote de réconciliation avec le temps et les hommes. C’est une réponse à l’hyper technicité des sociétés : on suit des évolutions de graines minuscules qui peuvent devenir des eucalyptus de plus de 100 mètres de haut pour une graine qui mesure un moins d’un millimètre. Comme un enfant, ce que l’on reçoit petit, on le garde pour la vie »
Jean Marie Pelt

Cette période de confinement peut permettre de remettre certaines choses à leur place, dans ce monde anxieux qui nous disperse et nous affaiblit ; les antidotes ne sont pas les vaccins et puces autant que ces applications de certificat numérique pour détecter les personnes vaccinés ou pas, mais les antidotes de résilience qui s’incarnent dans l’endurance, la patience et la douceur.





Pour acquérir ces vertus, il faut reconnaître que le bien-être n’est pas forcément synonyme de confort, et qu’il y a un besoin de revenir à la décence et à la mesure puisque ce type de virus devient toujours plus fort en se nourrissant de nos démesures et de nos désordres.


Il est nécessaire de retrouver l’évidence des gestes quotidiens que ton grand-père ou grand-mère t’ont peut-être permis de toucher et de vivre dans leur campagne, atelier et potager.


Après coup, tu comprendras que tu n’es pas qu’une « offre LinkedIn », et que tu "seras d’avantage" dans le savoir « être » que dans le savoir « faire ».



Joe de Saint Fiacre

Pour aller plus loin :

* Presse :

En cette crise pandémique, témoignage d’Anne-Sophie Pelletier : «Les aînés ont toujours été les grands oubliés» (inséré lien : )



* Au jardin et au potager :

- Potager sur un balcon avec Hervé Chabert : www.unpotagerbiosurmonbalcon.fr

- Le potager de A à Z de Damien Dekarz et sa chaine youtube (à insérer : https://www.youtube.com/watch?v=eaC1xPiC624)

* Livre :

- Eloge du carburateur, Essai sur le sens et la valeur du travail de Matthew B. Crawford

* Documentaire fiction :

- Le potager de mon grand-père de Martin Esposito

- Profils paysans de Raymond Depardon

* Initiative terrain :

- Une entreprise familiale peut se projeter plus loin qu’une grosse industrie :


A Compiègne, la bière Saint Médard coule dans des bouteilles consignée, l’emploi est solidaire et les circuits sont court : (brasserie Saint Médard.fr) de Philipe Gagniard.

https://www.brasserie-saint-medard.fr/


- Ferme de la Butte-Pinson : Réparer un lien social brisé et reconstruire grâce aux activités de la ferme : https://www.ecologiehumaine.eu/la-ferme-plutot-que-du-ferme/


- Une des familles, la plus autonome en France ?

https://www.atmosvert.fr/blog/notre-permablog-1/post/la-famille-la-plus-autonome-de-la-france-52)


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