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Reconquête : L’illusion de la violence


Dans une perspective de reconquête, quelques uns à droite, découragés par un système politique paraissant irrémédiablement bloqué et truqué, pourraient être tentés par le recours à une certaine forme de violence. L’argument en faveur de ce mode d’action politique consisterait à prendre la gauche en exemple. De la Révolution française à la naissance de la troisième République, de mai 1968 aux manifestations estudiantines de 1986, la gauche est toujours parvenue à imposer ses vues par la violence. Sans même parler de violence physique, la violence morale qu’elle exerce, notamment à travers les médias, lui a permis de faire triompher les causes qui lui sont chères, comme le mariage homosexuel ou la promotion de l’immigration sans limite. Pourquoi la droite n’en ferait-elle pas autant ?

Elle ne le peut pas car tout parallèle entre la gauche et la droite est impossible. Depuis sa naissance, la gauche a imposé l’idée qu’elle incarne le bien et le progrès, tandis que la droite symbolise le mal et le passé. La finalité du combat politique de la gauche étant louable, elle peut tout se permettre pour y parvenir, y compris la violence la plus extrême. En revanche, l’objectif recherché par la droite étant détestable, le moindre écart de sa part est immédiatement dénoncé et condamné. La gauche a acquis, depuis 1789, un monopole de la violence qu’elle n’entend pas partager.

Le drame récent de la petite Lola, assassinée dans des conditions abominables, l’a une fois encore démontré. La gauche, soutenue par les médias, a fait de la récupération politique sa marque de fabrique. De l’attentat de la rue Copernic en 1980 à la profanation du cimetière juif de Carpentras en 1990, de la mort de l’étudiant Malik Oussekine en 1986 à celle du Comorien Ibrahim Ali en 1995, de la photo du petit Aylan en 2015 au décès d’Adama Traoré en 2016, de la tentative d’attentat contre Jacques Chirac en 2002 à la mort de Clément Méric en 2013, la gauche exploite systématiquement à son profit tous les évènements plus ou moins tragiques. Mais attention, elle ne récupère pas, elle s’indigne ! Nul ne saurait lui en faire grief dans la mesure où cette indignation est mise au service de sa cause qui est juste.

En revanche, si la droite – et a fortiori, la fantasmagorique extrême droite - se permettent d’en faire autant, ni plus et même, plutôt moins, elles sont immédiatement dénoncées comme des « charognards » se rendant coupables d’une indécente récupération politique, et priées de se taire. La logique est toujours la même : l’exploitation politique est interdite à droite car celle-ci est mise au service de ses idées nauséabondes, à savoir, dans le cas de la petite Lola, la stigmatisation des étrangers en situation irrégulière.

En résumé, sur le terrain de la violence, la droite sera toujours perdante et y recourir serait un piège mortel.

Thierry Bouclier

Avocat à la Cour

Auteur de « La Gauche ou le monopole de la violence, de 1789 à nos jours »,

La Nouvelle Librairie, 2022.


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