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Philippe Berre, escroc sympathique au royaume du mensonge




Grâce à La Nef, je découvre le film A l’origine, qui s’inspire de faits réels : sous le pseudonyme de « Roger Martin », Philippe Berre tenta de relancer la construction de l’A28, dans la Sarthe, interrompue afin de sauver une race de scarabées menacée par le bitume.La supercherie dura un mois et le faussaire fut arrêté.


En 2010, Berre apparut à Charron, en Charente-Maritime, dans le sillage de l’ouragan Xynthia. Comme pseudo-fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, il fit livrer du carburant, des bungalows et des engins de chantier.


S’adressant à l’accusé, le Président du Tribunal de la Rochelle admit « que les visites officielles n’ont pas fait avancer les choses aussi vite que vous ». Et le maire, Jean-François Faget : « Ce n’est pas un truand. C’est un mythomane (…) un mec qui voulait à tout prix être quelqu’un et qui a vachement bien bossé. (…) Ce n’était pas son fric mais il n’a pas mis un euro dans sa poche. » (Actu.fr, 28 février 2020). En 2012, il écopa de trois ans de prison.


Dans le film, Philippe Berre échoue au cœur de la France des Gilets jaunes, qui plie sous les délocalisations et la désertification rurale, sacrifiée sur l’autel de la métropolisation et de la mondialisation. L’escroc ramène l’espoir, obtient des moyens, paye un temps ses salariés et donne vie à l’asphalte. « Merci patron ! » disent les dessins des enfants de la commune, reconnaissants. Où mène la route ? « Je ne sais pas », répond l’anti-héros. Le projet n’a pas d’autre but que l’enthousiasme qu’il génère et ne repose sur rien d’autre qu’un joli tas de promesses.


N’est-ce pas une magnifique allégorie du système économique actuel ? On travaille et on consomme pour faire décoller la sacro-sainte croissance, sans jamais se demander si le Bonheur National Brut, lui, augmente en conséquence. La croissance devrait être un moyen et non une fin : « la richesse, pourquoi faire ? » faudrait-il se demander, tel ce père de famille laborieux qui peine en regardant l’avenir et non pour jouir aveuglément du présent.


Le carburant de ces performances économiques en trompe l’œil, c’est le crédit facile, avec ses taux d’intérêt quasi-nuls et la fausse générosité des banques centrales, qui prêtent les yeux fermés aux banques privées pour que ces dernières puissent, à leur tour, financer nos projets avec de l’argent qui n’existe pas.


Nous vivons dans une gigantesque supercherie à côté de laquelle Philippe Miller nous paraît bien sympathique. Notre capitalisme OGM repose sur une monnaie de singe, enivré par le mirage du « développement durable » qui fait courir les morts-vivants, avachis sur leurs caddies dans un désert de sens.


Le plus grand escroc n’est pas Philippe Berre, ce sont les experts qui nous vantent « l’innovation » comme le fétiche capable d’abolir toutes les limites à notre orgueil. Un jour, nous nous réveillerons. Sera-ce dans la peau du faussaire, en tant que complices du rouleau-compresseur mondial, ou dans celle des cocus, pathétiques victimes de leur propre ignorance ? Il est encore temps de choisir la vérité, celle qui rend libre.



Julien Langella



Retrouvez tous les samedis, dans le Quotidien Présent, les réflexions inspirées par l’actualité à Julien Langella, cofondateur de Génération identitaire et membre d’Academia Christiana.


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Bande annonce du film



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