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Musée de l’histoire ou muséification de notre identité ?





David Lisnard, maire LR de Cannes, appelle à la création d’un « musée de l’Histoire de France ».


L’édile propose un « récit avec de la scientificité », manière bancale d’éviter l’expression de roman national pour ne pas effrayer la gauche. Ce lieu « renforcerait la connaissance de l’Histoire de France, qui ferait de chacun d’entre nous, quelle que soit son origine, un dépositaire de notre Histoire, et permettrait d’avoir une analyse critique, en se méfiant des anachronismes, de ce qui a fait la gloire d’une grande nation comme la France mais aussi de ce qui pose problème dans notre Histoire. » (Marianne, 15 avril 2021).



Derrière ce gloubi-boulga indigeste, il faut lire une tentative timorée, comme toujours à droite, de valoriser le patriotisme français tout en l’alourdissant, pour gagner les bonnes grâces médiatiques, d’une bonne dose de repentance. A peine déposée, la proposition de David Lisnard, chargée de toutes les incohérences propres au consensualisme, devient parfaitement illisible.


Le projet reprend l’idée de « Maison de l’histoire de France », promesse lancée en 2007 par le candidat Sarkozy, fossoyeur des espoirs de la majorité invisible. Si les lieux de commémoration sont essentiels à un peuple, dont l’âme se nourrit autant de ferveur que de souvenirs, notre identité peut-elle être classée dans un musée ?


Plus que des musées, c’est toute une culture enracinée, tendue vers le beau, le bien et le vrai, qui manque à notre pays. Plus que des musées, nous voulons des artistes exigeants et passionnés, des historiens conscients d’être des passeurs de mémoire, des saltimbanques férus d’arts médiévaux et des enseignants dévoués à leur tâche comme à un sacerdoce. Bref, il s’agit de refaire un peuple et non de remuer des cendres.


Créer un « musée de l’Histoire de France » revient à admettre que notre identité se meurt, quelque part entre un masque mortuaire égyptien et une estampe japonaise du XVIIIe siècle. Pour que l’histoire de France continue, il nous faut une grande politique de l’enracinement. Créer des lieux où notre identité est chantée, parce que l’amour de la patrie est un plébiscite permanent, est une chose nécessaire. Mais la commémorationite aiguë est une maladie républicaine : il n’y a qu’à visiter nos villages pour voir que la mémoire nationale se réduit à des monuments aux morts de la grande guerre civile européenne (14-18 et 39-45) et à la gloire de la République.


Qu’est-ce qui a le plus fait pour la connaissance et l’amour de la France : le Puy du Fou ou le Panthéon ? Où se pressent les Français chaque été : à la Cinéscénie ou devant le marbre du tombeau de Napoléon ? Il faut lancer des initiatives comme celle du château de la Barben, à côté d’Aix-en-Provence, qui honore et vivifie les traditions provençales. Ou encore le château de Guédelon, en Bourgogne, ode vivante à la beauté de ce Moyen-Age qui comptait le bonheur en nuances de couleurs sur les vitraux des cathédrales gothiques plutôt qu’en points de croissance. Demain, tout le monde aura oublié les bavards de la politique, mais quel enfant oubliera le vol des faucons au-dessus de sa tête ?


Julien Langella



Retrouvez tous les samedis, dans le Quotidien Présent, les réflexions inspirées par l’actualité à Julien Langella, cofondateur de Génération identitaire et membre d’Academia Christiana.


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