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Manifs anti-Passe : recherche chef désespérément !




A Rome, le dictateur est le magistrat qui se voit confier provisoirement les pleins pouvoirs afin de sauver la patrie. Ce n’est pas un putschiste mais un notable reconnu par ses pairs, à l’instar de Benito Mussolini adoubé en 1922 par le roi Victor-Emmanuel III. Il gouverne pour le bien commun et, si ce n’est pas le cas, la dictature dégénère en tyrannie : le gouvernement oppressif d’un seul homme et de sa caste au nom d’une idéologie ou au profit d’une minorité de rapaces. Les deux vont souvent de pair dans la mesure où le tyran doit justifier idéologiquement son pouvoir afin de le conserver.


Et encore faut-il rappeler que le mot « tyran » n’eut rien d’infâme dans la Grèce antique, d’où il tire son origine, puisqu’il signifie originellement maître, le chef choisi à défaut du roi. Mais il y a des concessions linguistiques que nous sommes bien forcés d’admettre… Cette distinction entre dictature et tyrannie permet au public de comprendre qu’il y a des pouvoirs personnels nécessaires, et d’autres foncièrement nuisibles. Car c’est tout le problème de l’esprit « démocratique » libertaire qui peut régner dans les manifs anti-Passe comme autrefois chez les Gilets jaunes : on confond le mépris du peuple, caractéristique des élites mondialistes, avec le simple fait de suivre un circuit de manifestation quelque peu cohérent…


On parle, sur les chaînes Telegram des dissidents, d’ « élire un bureau horizontal », sans même saisir la nature oxymorique d’une telle proposition. La Révolution française est cette plaie qui continue de suinter sur le corps des Français en colère, condamnant leurs révoltes à l’impuissance et à la récupération par d’habiles frelons.


Et pourtant, l’immense majorité des manifestants ne demande qu’à suivre l’homme un tant soit peu charismatique et travailleur, qui, entre deux slogans contestataires, saura dégager une feuille de route minimale et semer l’espoir dans le cœur des pèlerins de la liberté. N’importe quel agité du bocal est apte à lancer des appels à l’insoumission aux relents de bière pas fraiche…


Tant que les discours officiels des organisateurs de ces manifestations se limiteront à la négativité et aux coups de mentons, ils seront toujours remplaçables, et de fait remplacés lorsqu’un cortège se divise en deux circuits concurrents. Si conduire un rassemblement est un concours de virilité, il y aura toujours des gens vulgaires, brutes en puissance comme toute révolution en charrie, pour tuer dans l’œuf le réveil du peuple.


Savoir dire « non » est une nécessité lorsque nous sommes acculés. Mais quand une foule se met en branle derrière un chef, celui-ci doit savoir dire « Oui » : recueillir la confiance populaire comme une bête fragile, lui proposer une stratégie raisonnable et la mettre en œuvre de toutes ses forces. « Je suis Romain, écrivait Maurras, dans la mesure où je me sens homme : animal qui construit des villes et des États, non vague rongeur de racines ; animal social, et non carnassier solitaire ; cet animal qui, voyageur ou sédentaire, excelle à capitaliser les acquisitions du passé et même à en déduire une loi rationnelle, non destructeur errant par hordes (…) Je suis Romain par tout le positif de mon être » En avant !



Julien Langella



Retrouvez tous les samedis, dans le Quotidien Présent, les réflexions inspirées par l’actualité à Julien Langella, cofondateur de Génération identitaire et membre d’Academia Christiana.


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