• Academia Christiana

Mélenchon ou l’avenir du capitalisme



Depuis quelques années le débat identitaire fait surface, ou refait surface en Europe et principalement en France où l’immigration de masse et ses conséquences causent une remise en question de la politique mondiale en matière de flux -y compris humains- mais aussi de l’organisation du monde occidental par ses élites. Au cœur de la présidentielle française, le débat fut écarté pour des polémiques éphémères de burkini, de cantine ou de port du voile et repoussé par la question sociale qui ne fut traitée qu’en surface. En résulte un mécontentement général, malgré l’élection au suffrage universel du président sortant, comme le montre la majorité des sondages. Alors pourquoi les Français restent-ils mécontents de ces élections et du débat public ? Parce que le sujet le plus important n’a pas été traité, la guerre des élites occidentales contre leurs peuples et contre les peuples en général. Depuis quelques années, avec la complexification du monde, la guerre des élites dépasse le simple cadre marxiste. Désormais tous les fronts sont concernés: sanitaire, social, remplacement, industriel, , ainsi que ceux du transhumanisme, de l’eugénisme, du malthusianisme, de la déculturation et des déportations de masses. Aucune réponse ne fut apportée à la colère des Gilets Jaunes par les politiques. D’une part il y a Zemmour qui centre le débat sur l’islamisme et l’Islam en général, d’autre part Macron qui rallie la victoire du camp mondialiste et enfin, le futur du capitalisme : la créolisation de Mélenchon. Je n’aborderai pas le cas de Le Pen qui n’est plus qu’une Zemmour édulcorée avec une couche faussement sociale pour attirer autour d’elle l'électorat le plus large et qui ne représente plus qu’une grogne nationale désorganisée. Pourquoi les Français n’ont pas été convaincus par ces trois lignes ? Celle de Zemmour vise principalement l’Islam. Cette religion serait le mal central de notre époque, et entraînerait l’avènement du Choc des civilisations opposant l’Occident à l’Orient depuis la Grèce antique. Éric Zemmour souhaite nous mettre dans la position des Spartiates face à la Perse, des Grecs face aux Phéniciens, des Romains face à Carthage, des espagnols face aux ottomans ou des chevaliers francs face à Al-Andalus ou aux Abbassides, ainsi l’Orient, fâché par la colonisation du XIXème siècle chercherait vengeance et conquête dans l’Islam retrouvé. Mais Zemmour oublie, volontairement ou involontairement, je laisse cette décision au lecteur, que ce mouvement est global. Ce mouvement qu’il décrit n’est pas l’arrivée de l’Islam en Europe mais les immigrations de masse. L’islamisme est une conséquence de l’immigration de masse. C’est parce que nous importons des populations orientales ou africaines et qu’elles arrivent avec leurs modes de vie et leurs religions. Ce phénomène n’est pas réductible à l’Europe. Le Maghreb est lui-même victime d’une immigration de masse des pays subsahariens. Le Levant et le Proche-Orient sont aussi victimes des mouvements de populations causées par les guerres américaines dans la région et leurs conséquences. La Palestine est remplacée à une vitesse folle par l’appendice américain local qu’est Israël. Les dérèglements du capitalisme international sont aussi visibles en Asie, de la Birmanie à la Chine. Enfin le continent américain n’en est pas exempt : l’Amérique centrale se déverse sur ses voisins du Nord, fuyant les narco-républiques vassalisées des Etats-Unis, et le Nord forestierde l’Amérique latine est en proie à une constante instabilité, entre le régime autoritaire de Maduro qui subit les attaques du complexe finance-Pentagone occidental et les régimes néo-libéraux qui provoquent en réaction l'émergence des néo-bolivariens et autres post-trotskistes dans le champ politique. Plus bas ,c’est la prise du pouvoir au Brésil du camp évangélique pro-américain. En résumé, l’ensemble du monde est dorénavant sujet aux mouvements de populations de masse. Réduire cela à une bataille contre l’Islam, c’est attaquer des moulins. L’immigré est autant victime de son déracinement et de sa déculturation que l’autochtone devant supporter un multiculturalisme forcé qui est toujours fruit de tensions- on le sait depuis Aristote. De plus, ce regard “civilisationnel” évite à Monsieur Zemmour de voir que les mêmes acteurs sont aux commandes en Israël et en Europe pour le remplacement des populations locales palestiniennes, chrétiennes et musulmanes par un nouvel arrivant. Il est illogique de soutenir une invasion organisée dans un pays lorsque les mêmes organisateurs, ONG et participants de Davos, louent une déstructuration des peuples au niveau global, quand on prétend combattre cette influence dans un seul pays en la soutenant dans d’autres. Ainsi une guerre entre peuples pour des raisons identitaires ou civilisationnelles n’est pas préférable au règlement des situations conflictuelles par des solutions concrètes ; s’il l’on souhaite réduire l’immigration subsaharienne il serait bon d’arrêter de faire grimper la démographie africaine artificiellement en envoyant des réserves de nourriture disproportionnées dans des pays arides qui ne connaissaient qu’une lente croissance démographique du fait de leur environnement. En déstructurant (ou déconstruisant) le cadre naturel de vie de ces populations on crée un déséquilibre démographique qui va nécessairement impliquer les pays voisins, d’abord l’Afrique du Nord -c’est déjà le cas- va subir des immigrations de masse, alors que sa jeunesse est encouragée à l’immigration par des ONG ou des institutions occidentales vers l’Europe. Ajouter des conflits locaux (Sahel, Libye) et le tour est joué. Voilà une population corvéable à merci qui ne demande qu’à connaître le “rêve européen” c’est-à-dire à être entassée comme du bétail dans des cages de béton, provoquant la fuite de la population locale face à la paupérisation et au recours logique à la délinquance. Un destin exceptionnel du rêve européen : une fois dans des tours de béton ou l’on trouve à peine de l’eau courante et du chauffage, il y a des postes sous-payés dans la restauration (évidemment privés de droits sociaux- on ne cotise pas pour des travailleurs sans- papiers au noir ) ou dans la livraison de nourriture, de vêtements, d’objets commandés sur Amazon , de drogues à la population post-bourgeoise et dépressive des centres villes. Ainsi c’est toute une nouvelle économie souhaitée par la France macroniste : des petits commerçants qui attendent des employés moins regardants sur leurs conditions de travail et salaires, des retraités qui attendent de pouvoir jouir de la France tertiaire qu’ils se sont forgée et que pour leurs retraites les nouveaux arrivants cotisent. Les prochaines générations de retraités devront se débrouiller pour survivre, puis la post-bourgeoisie des centres urbains, si bien décrite par Christophe Guilluy. Entre ces deux France c’est celle des campagnes, officiellement moquée et délaissée, qui aura le droit de briser quelques vitrines tous les cinq ans sur les Champs Elysées, mais qui reste priée de disparaître en silence. Reste la troisième proposition, celle de Monsieur Mélenchon, semi-habile de par sa formation mitterrando-trotskiste; Jaurès du monde contemporain (donc social-traître de facto) qui propose le modèle de demain, mais plus vite, avant tout le monde. Mélenchon propose la créolisation de notre société, en quelques mots: l’avenir que le capitalisme nous réserve. Une France multiculturelle déconstruite afin de subir sans rechigner la tiers-mondisation, la fin des services publics, la fin culturelle et ethnique, la fin morale. Un


pays, sans peuple, sans histoire, sans frontière, donc corvéable à merci. Mélenchon réussit le pari de son idole Robespierre, idiot-utile de l’industrialisation forcée et de la prolétarisation des peuples du Royaume de France avec la transformation des corporations, des législations locales vers un ordre unitaire donc totalitaire et massifié. Monsieur Mélenchon, en digne successeur, saupoudre la transformation du monde par ses élites de quelques mesures sociales sans réellement proposer celles qui mettraient fin à la fois à l’immigration et à l'exploitation : à travail égal, salaire égal, à travail égal, cotisations égales.


Que faire donc face à ce bilan triste de nos forces démocratiques et à leur incapacité à répondre à nos attentes ?

Ne plus rien attendre d’eux.

Construire par nous-mêmes ce que nous désirons et ce dont nous avons besoin. Retourner à la nature et se réenraciner dans un mode de vie sain indépendant de nos institutions et des entreprises mondiales, créer des entreprises ou des coopératives, remettre au centre du travail la réalisation du Bien, du Bon et du Beau. Devenons nos propres maîtres. Faut-il donc abandonner le combat démocratique ? Surtout pas ! Par tous les moyens, même légaux disait un sage. Il faut faire avancer l’idée qu’un monde sain est possible et qu’il est vital de résister à cet empire obèse qui s’effondre sur lui-même un peu plus chaque jour que Dieu fait. Des propositions en dehors des réflexes sentimentaux sont possibles. Nous pouvons construire un avenir pour la France et l’Europe autant que pour nos communautés locales et nos familles, il ne faut pas abandonner un combat. La victoire des élites sur nous n’est pas une fatalité, loin de là ! Les entreprises de déstructuration du monde et des peuples peuvent être combattues avec des mesures claires et réalistes qu’il nous revient de proposer ou de trouver, et ce sans concessions à des fins de communication ou de fond.

Nathan G.


Le blog d'Academia Christiana donne la parole à de jeunes contributeurs. Les positions prises dans leurs articles n’engagent que leurs auteurs.

98 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout