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Le « sapin » de Bordeaux : l’écologie convertie en bolcho-libéralisme




Un après la polémique sur « l’arbre mort », le maire de Bordeaux annonce l’installation d’un « sapin » de verre et d’acier recyclés, « démontable et remontable comme un kit Ikea » (BFMTV, 29 novembre).


Au XXe siècle, quand l’écologie n’était pas le fétiche cathartique de la bobocratie des grandes villes, on l’appelait « écologie politique », du mot de Bertrand de Jouvenel. Dans les années 60, cet anticonformiste de droite s’en prenait à « la civilisation du Toujours Plus », créant un « système social reposant sur le développement incessant de besoins nouveaux ». Ainsi, « selon notre manière de compter, nous nous enrichirions en faisant des Tuileries un parking payant et de Notre-Dame un immeuble de bureaux ». Convertie au monde des affaires par la niche commerciale des énergies non-fossiles, l’écologie d’en haut a renié ses racines pour accoucher d’un monstre : le bolcho-libéralisme. Un mélange de capitalisme repeint en vert et d’autoritarisme idéologique fondé sur la culpabilisation de l’Européen, bien utile pour taxer son diesel et tuer les campagnes, repaires de ploucs zemmouristes.


Le bolcho-libéral aime le marché depuis qu’on peut faire de l’argent avec des éoliennes (dont l’extraction du bois utile aux pals détruit les dernières sociétés paysannes d’Amérique latine) ou des champs de panneaux solaires (qui font reculer nature sauvage et terrains agricoles). Il est prêt à sacrifier les éleveurs bovins et les fabricants de tuiles romanes pourvu qu’on réduise l’empreinte carbone. Mais il a besoin de la puissance administrative pour mettre au pas les derniers propriétaires réfractaires : les vieux réflexes soviétiques ouvrent la voie aux multinationales « vertes », comme la guillotine révolutionnaire donna le pouvoir à la bourgeoisie. Il aime tellement la nature qu’il veut la mettre sous cloche, couper le lien avec l’homme, ignorant que le sapin de Noël n’a cessé de fasciner les petits citadins, les incitant à courir les forêts pour rencontrer le peuple des conifères.


Le bolcho-libéral déteste tous ceux qui ont conservé un lien avec la nature, bien qu’imparfait voire dévoyé : l’agriculteur, le chasseur, le boucher… Un enfant qui accompagne son père à la chasse en sait plus sur les habitudes des sangliers ou des merles que Yannick Jadot et Greta Thunberg. Tandis que l’écologiste historique se battait contre l’artificialisation du monde, le bolcho-libéral remplit nos villes d’art moderne en matière industrielle synthétique. Au nom d’une lutte fantasmée contre le réchauffement « global » qui appelle un gouvernement mondial, on dresse des générations entières de khmers verts appliquant le Pass Sanitaire aux voitures polluantes, comme l’a promis Barbara Pompili. Alors qu’un écologiste authentique dénoncerait l’enlaidissement urbain et promouvrait le localisme, le respect des traditions architecturales et les PME.


L’écologie officielle est l’antichambre de tout ce que nous détestons : wokisme, art moderne, étatisme, mondialisme libéral, destruction des traditions… Le programme des puissants de demain. A nous de proposer le nôtre, radicalement écologiste parce qu’enraciné dans une identité aussi bien charnelle que spirituelle.


Julien Langella



Retrouvez tous les samedis, dans le Quotidien Présent, les réflexions inspirées par l’actualité à Julien Langella, cofondateur de Génération identitaire et membre d’Academia Christiana.


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