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Le sacré dans la paternité



À l’origine, le rôle de l’homme et de la femme est distinct dans la Cité. La femme est capable de donner la vie, elle est en quelque sorte la gardienne de la civilisation. Quant à l’homme, son rôle de transmetteur se matérialise par ses vertus et son exemplarité. On garde à l’esprit le rôle d’un Saint Joseph apprenant à son fils Jésus – dont il sait venir de l’Esprit Saint - le noble métier de charpentier. L’homme est chef de famille, c’est à dire que c’est à lui de donner le cap de la famille. La femme lui est soumise, elle le suit en pleine confiance et c’est ce qui permet le bien commun au sein du foyer. (Ephésiens 5:22-33 )


Adam, gardien du jardin perdu et protecteur du foyer va être chargé de nommer les choses (Genèse 2:19-20). C’est à Joseph que le rôle fut donné de nommer le Fils de Dieu, cet acte est symbolique et sacré, car il est à l’image d’un Adam qui va nommer les animaux et par-là distinguer les créatures de Dieu.


En France, durant la féodalité, la paternité a été pleinement incarnée par le Roi, père de ses peuples, assurant un ordre stable et durable, rendant justice à l’image hébraïque d’un Salomon. Les corporations proposaient au sein de leur pédagogie un rite de passage pour les jeunes hommes dont certains deviendraient des transmetteurs une fois la maîtrise de leur art acquise. .


Mais à l’heure où la Révolution est passée, lorsque l’on a plus de Lieutenant du Christ dans notre pays, lorsque les pères de famille se cantonnent à un rôle de géniteur, laissant leurs épouses assumer un rôle qu’elles ne peuvent pas, l’honneur du père de famille est à mettre en exergue pour donner à nouveau des foyers enracinés.


N’entendons pas ici un honneur “humain” qui attend tambours et tintamarres, gloire des hommes et fastes aux yeux de tous. Plutôt l’honneur du père de famille viril à l’instar d’un Joseph, assurant pleinement son rôle, aux côtés d’une Saint Marie, épouse et mère dévouée. Tous les deux, s’effaçant pour laisser croître, usant de leurs charismes pour enraciner dans la tradition. Enfin, par piété filiale, l’honneur du père de famille se caractérisera par le service rendu au sein du foyer puis dans l’engagement dans la Cité.

Et c’est à l’auteur de Le Courage de la Paternité (R.P. LM de Blignières) de nous dire “Joseph, modèle des évêques selon saint Ambroise, donnez aux pères et aux chefs le courage de nous dire la parole d’abnégation qui nous dispose au salut : donnez-leur, dans une société excessivement féminisée, qui n’aime pas l’intelligence et la force, d’être des hommes”.

Frédéric Payet

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