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Le foyer blanc et la révolution



A l’hiver 1837, aux confins de l’Afrique, 366 pionniers s’enfoncent dans l’inconnu. Ils traverseront des distances incommensurables, une nature hostile et le territoire de populations insoumises.


Ces « pionniers de l’avant » ont lancé le Grand Trek : l’exode de 20 000 Boers, les Hollandais de la colonie du Cap, en direction du soleil levant. Sous les bâches peintes ou huilées de leurs chars à bœuf, tassées dans un espace de un mètre sur cinq, ils avancent à la vitesse d’un homme au pas et chaque étape compte sept à huit heures de route, pour 20 à 30 kilomètres par jour.


Rebelles pour le pouvoir anglais qui a imposé partout sa langue et sa culture, mauvais chrétiens aux yeux des missionnaires britanniques qui prennent systématiquement fait et cause pour les Noirs contre les Blancs, les trekkers se considèrent comme le peuple élu en marche vers une nouvelle terre promise.


Le Grand Trek est un mythe fondateur du nationalisme afrikaner et continue d’inspirer ses partisans, comme en témoigne la création de la communauté blanche d’Oriana en 1990, un oasis dans le désert multiracial de la « nation arc-en-ciel ».


L’histoire sud-africaine, celle d’un peuple dépossédé de son pouvoir sur la terre de ses ancêtres, culturellement marginalisé et progressivement expulsé de son sol natal, est très actuelle.


Arthur Kemp a relancé le débat avec Bâtir le foyer blanc (2014) en proposant de


« commencer a créer des communautés européennes autonomes dans tous les pays et toutes les régions ou il est concrètement possible de le faire ; et en dernier lieu, créer un ou plusieurs Etats ethniques qui offriront un refuge ou pourra survivre le groupe spécifique et précieux des Européens. »

On ne peut calquer l’exemple des trekkers, puritains marchant la Bible à la main, sur le combat des identitaires français et européens, qui luttent d’abord pour des raisons politiques, une conception rationnelle du bien commun et sont motivés par un ardent désir de justice.


De plus, outre l’immigration-invasion et l’ultra-violence, c’est la double-réalité du totalitarisme de l’Etat occidental et de la dépendance à l’égard d’une économie hors-sol et mondialisée, très instable, qui nous alertent sur l’urgence de s’organiser, au niveau local et communautaire, pour vivre libres selon notre identité.


« Autonomie » et « fraternité » sont les maîtres mots de cette démarche qui ne s’oppose pas au militantisme, puisqu’il n’y a pas de résistance sans maquis, pas d’évangélisation sans abbaye ceinturée de murailles ni de Reconquista sans royaumes préservés sur les pentes des Pyrénées.


Avec le masque obligatoire, l’Etat vient de rappeler, après la séquence hautement volatile des Gilets jaunes, que le territoire français, surtout urbain, lui appartenait, et que si d’aventure il souhaitait nous voir marcher avec une ventouse dans les fesses, il déploierait toutes les forces de police disponibles pour atteindre cet objectif.


L’Etat développe des trésors d’imagination pour accroître son pouvoir sur nos vies : il anticipe, élabore et exécute. Et nous ? Pour que l’aigle plane à nouveau sur la vallée, pour que la révolution ait un jour l’ombre d’une chance, il faut rebâtir nos nids.



Julien Langella



Retrouvez tous les samedis, dans le Quotidien Présent, les réflexions inspirées par l’actualité à Julien Langella, cofondateur de Génération identitaire et membre d’Academia Christiana.


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