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La France appartient aux Français, non à l’Etat



Génération identitaire a réalisé un nouveau coup d’éclat dans les Pyrénées, montrant l’absence totale de policiers mobilisés au col du Portillon, à la frontière espagnole, contrairement aux promesses de le préfecture de la Haute-Garonne. Le préfet, dont les jeunes militants identitaires ont démontré la nullité, s’insurge contre le « coup de force ». C’est évidemment risible. Leur République, cette arpenteuse de trottoirs universels, qui se vautre dans l’acceptation de toutes les revendications marginales, ouvertes à tous les vents de l’immigration-invasion et de la mondialisation sauvage, est elle-même le fruit pourri d’un « coup de force ». Coup de force contre un roi innocent, qui n’a cessé de vouloir épargner le sang des sujets. Coup de force contre sa propre population, tuée à coup de canon dans la ville de Toulon, noyée dans la Loire, brûlées dans le Vaucluse, fusillée en Bretagne… Coup de force contre le catholicisme, attaqué frontalement dès le programme de déchristianisation, en 1792-1793, avec le changement de calendrier et les fermetures d’églises (pillées, au passage), jusqu’au début du XXe siècle, avec les inventaires (encore des pilages !) et l’exil des congrégations religieuses. Coup de force contre le bien commun, avec le phagocytage maçonnique : République des copains, République des coquins. Coup de force contre la paix en Europe, avec la déclaration de guerre à l’Allemagne en 1914, pour une affaire qui concernait la Serbie et les empires centraux. Coup de force contre la liberté d’expression depuis la loi Pleven (1972) et ses suites, dans le sillage du politiquement correct, qui s’incarne aujourd’hui dans cancel culture : culture de « l’annulation » historique, par laquelle on censure les mémoires en déboulonnant les statues et en donnant un visage noir, celui d’Omar Sy, à un gentleman cambrioleur parisien du XIXe siècle. Rien de pire qu’un préfet, laquais scrupuleux et policier sourcilleux, vestige du temps où il fallait mater les provinces, stériliser les terroirs jusqu’au dernier patriarche ânonnant quelques mots de patois sur son banc de pierre sèche, en voyant les écoliers humiliés pour avoir parlé leur langue maternelle. Ces langues, disait Mistral, « par lesquelles ils sont forts, par lesquelles ils sont libres ». La République est un coup de force permanent contre tout ce qui est beau, tout ce qui est bon, qui tout ce qui est vrai : contre la vie elle-même, à commencer par celle des Français les plus fragiles, arrachés au ventre de leur mère jusqu’à neuf mois. Ce que ne supportent pas les gardes rouges de la déesse Marianne, c’est la remise en cause de leur idolâtrie étatiste. Pour eux, la France, c’est l’Etat. Pour les derniers gens de bon sens, la France et son territoire appartiennent aux Français. Ceux-ci en sont responsables devant leurs enfants, auxquels ils empruntent ce pays, et devant leurs anciens, créanciers de la civilisation. Nous autres, éternels débiteurs, avons un trésor à conserver, un trésor à transmettre : défendre la France envers et contre tout, en particulier contre cet Etat qui lui a déclaré la guerre.


Julien Langella dans Présent, le 23 janvier 2021

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