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L'inégalité, c'est la vie ! (Merci Matzneff)




L’autre jour, sur une radio publique, j’entendais une psychologue expliquer doctement, avec la fierté de l’inventeur de l’eau chaude, qu’une jeune fille de 14 ans n’avait pas pu consentir librement aux avances de Gabriel Matzneff. En effet, l’adolescente est un être inachevé, en cours de structuration psychologique, qui recherche à travers l’attention de l’adulte à construire son estime de soi. Le rapport est donc faussé. On s’étonne de voir les juges médiatiques de l’écrivain parisien garder le silence devant un autre cas emblématique de manipulation affective : suivez mon regard en direction de l’Elysée. Féminisme oblige, on suppose qu’une femme s’entichant d’un adolescent s’est « laissée aller », qu’elle a « commis une erreur » dans un moment d’égarement, mais un homme, lui, ne vaut pas mieux aux yeux des nouvelles Amazones (le courage en moins) qu’une vulgaire hyène dans la savane, avec en plus le sadisme d’un médecin nazi dans un camp de concentration expérimental. Outre cette contradiction flagrante, l’affaire Matzneff aura eu le mérite de nous faire redécouvrir une réalité omniprésente dans l’histoire : les inégalités.


Si l’adolescente qui s’est éprise de l’auteur n’est pas totalement consentante en raison d’une inégalité morale, alors que dire de la liberté des peuples, et de leur capacité de consentement démocratique, lorsqu’on leur demande tous les cinq ans de choisir un nouveau président parmi les candidats des différents groupes de pression ? Ce n’est pas nouveau : Platon comparait déjà la démocratie au règne des frelons dont le dard, métaphore de la ruse politicienne dans un régime parlementaire, détruit les abeilles innocentes. Que dire aussi du consentement des français à une immigration invasion que des experts assermentés leur on toujours présenté comme un enrichissement culturel ? Que dire du soi-disant consentement, selon les sondages, des Français à la PMA alors que les médias présentent celle-ci comme une modeste liberté qui ne lèse personne sans jamais évoquer l’effacement du père ?


« La seule distinction qui vaille est la suivante : l’inégalité protectrice et l’inégalité prédatrice »


L’absence de consentement est partout où il y a une inégalité de connaissances, ce qui est le fil rouge de l’histoire des sociétés : il y a toujours eu des forts et des faibles, des hommes élevés pour commander et d’autres pour obéir, des lieutenants de Dieu et des barbares amateurs de sacrifices humains, des pères de famille et des enfants. Pour voir combien l’inégalité structure l’humanité, il suffit de rechercher le nombre de Kenyans qui ont reçu un prix Nobel de Physique-chimie et le nombre d'Allemands à avoir remporté des médailles olympiques au 100 m haies. La seule distinction qui vaille est la suivante : l’inégalité protectrice, gage de la sauvegarde des petits en vue du bien commun, et l’inégalité prédatrice, qui avance sous le masque de l’amitié universelle, pour mieux servir les intérêts et l’agenda idéologique d’une oligarchie d’autant plus insatiable qu’elle ne se reconnaît ni Dieu ni maître, de Napoléon auto-couronné jusqu’à Macron élu par 20% de français. Alors, merci Matzneff de nous avoir ouvert les yeux ! 




Article paru dans Présent, samedi 1er février 2020.

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