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L’été




C’est l’été : les vacances scolaires et les enfants surexcités comme Godefroy de Bouillon sous les murs de Jérusalem, les Allemands en claquettes-chaussettes autour d’un demi-litre de bière en plein cagnard, les Maghrébins qui recolonisent les plages entre deux grappes de touristes vanille-fraise, la joie puérile des gens ordinaires qui retrouvent le sourire aux premières chaleurs…


C’est le même rituel, quasi-religieux, chaque année. Bien que bon Provençal, qui plus est avec du sang de là-bas (ce « pays qui n’existe plus »), l’été ne m’enthousiasme pas. Peut-être que l’ADN breton joue sa part. Une phrase glanée sur Internet, à propos du lundi, exprime une vérité certaine : « Ce ne sont pas les lundis que tu détestes, c’est le capitalisme. » Il en va de même pour l’été : les estivants sont l’une des pires races humaines vomies par l’enfer consumériste.


A chaque 21 juin, comme au temps des loisirs encadrés par le Parti en URSS, la Fête de la Musique donne le signal : c’est à celui qui fera le plus de bruit, vomira le plus vite ou proposera le plus d’apéros’. Je dois confesser avoir remercié la tyrannie sanitaire pour la déprogrammation de ce rassemblement iconique de l’ère Jack Lang, caractérisée par la dictature de la festivité.


Le Provençal, comme tous les gens du Midi, de Menton à Acapulco, n’est pas un buveur de soleil. Le soleil, lui, il le connaît, il l’apprécie mais le regarde en biais. Il ne s’obstine pas à créer des courants d’air à toute heure du jour brûlant. Le Méridional, lorsque les grands doigts dorés de l’astre divin s’étirent vers sa façade, se calfeutre avec l’assurance du pâtre qui ramène ses brebis dans leur enclos. Il y a, chez lui, le bon sens enraciné de Monsieur Seguin.


La crème solaire, c’est le transhumanisme. « Les peaux bronzées sont pour les gueux, la peau blanche est pour l’élite », lit-on sur la page Facebook Feudalesimo e Libertà. La crème solaire, étape décisive du déracinement et de la théorie du genre : négation de sa nature propre, volonté d’endosser l’identité « cool » de l’été, conformisme de pacotille… Quelle différence de nature, sinon de degré, avec la Sud-Coréenne qui se débride les yeux ou l’Africaine qui se fait dépigmenter la peau ? Et avec Denis Avner, « l’homme chat » suicidé à 54 ans ?


Bien sûr, il y a un usage utilitaire des cosmétiques anti-UV, comme de la climatisation, que nous faisons tous. Mais ce qui est en jeu, ici, est différent : la volonté populaire d’adaptation forcée du corps à la séquence estivale synonyme de bonheur. Les vrais enfants du soleil ne quittent pas leur retraite avant la fin de l’après-midi… Et rien de pire que les déracinés de la métropole, Parisiens et autres migrants, qui déménagent, de leur aveu, « pour la chaleur et le ciel bleu »…


La chanson Let the sunshine in a fait un mal terrible. Une fois au pouvoir, après avoir brûlé les derniers 33 tours de « Ouvrez la cage aux oiseaux ! », je ferais pilonner en place publique la moindre copie de cet air symbolique d’une époque dégénérée. Et à la place, on chantera « On dirait le sud », de Nino Ferrer, qui a compris une chose essentielle : le meilleur moyen d’apprécier le soleil et la vie, c’est encore de les regarder avec mélancolie, comme une chose qui passe.





Julien Langella



Retrouvez tous les samedis, dans le Quotidien Présent, les réflexions inspirées par l’actualité à Julien Langella, cofondateur de Génération identitaire et membre d’Academia Christiana.


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