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Covid 19 : faites entrer l’accusé !


Bien que grotesque dans sa forme et dans l’essentiel de son contenu, bref, ne méritant pas le scandale lié à sa sortie du fait de son inaudibilité, le documentaire Hold Up a cependant le mérite d’avoir donné un coup de pied dans la fourmilière, car il pose frontalement cette question : qui sont les auteurs de cette situation épouvantable ?

Le film précédemment cité tombe dans la simplicité bête du complotisme qui a ce double avantage de cibler une cause unique (et donc un coupable unique) et de justifier l’inaction face à un ennemi hypothétiquement omniprésent et invincible. On ne s’attardera pas à chercher la source première du virus. Que ce soit un pangolin mutant, une chauve-souris bouillie ou une erreur de laboratoire, la science répondra en temps et en heure à cela. En revanche nous pouvons déjà déterminer le pourquoi de cette gestion de crise qui semble si amateur et déconnectée de la réalité. Or, la seule vérité sur cette épidémie, c’est qu’il s’agit d’une maladie marchande.

Ce n’est pas la première fois que nos amis Chinois nous font cadeaux de leurs miasmes orientaux. Bien avant le SRAS, les pestes qui frappent l’Europe jusqu’au début du XXème siècle nous viennent déjà de l’Empire du Milieu. Suivant la route de la soie, les marchands d’Orient et d’Occident rapportent les germes en suppléments des étoffes de marchands cossus.


Qu’est-ce qui a changé depuis ? Rien… Et tout !


Si la soie a cessé d’être le monopole de l’empereur jaune, la Chine s’est toutefois imposée comme le centre névralgique de la production d’objets manufacturés (13% de la production mondiale et jusqu’à 33% pour l’industrie du textile) et tient depuis 2013 la place de première puissance commerciale de la planète du fait de ses exportations massives1.

L’essor des technologies de transport depuis la Renaissance a facilité les flux d’échanges et les a étendus au monde entier. Ainsi commence la mondialisation et son cortège d’accélération. Le stock de soie qui aurait mis parfois des années à parvenir à la Méditerranée par voie de terre, est désormais remis de Pékin à Paris en 10h grâce au fret aérien. Et fatalement, ce qui vaut pour les exportations commerciales vaut également pour les microbes et virus.

De ce fait la transmission du coronavirus s’est faite sans difficulté par le biais des flux humains, notamment par le tourisme avec un certain nombre de navires de croisière touchés (les premiers connus étant le MS Westerdam et le Diamond Princess) et le rapatriement de travailleurs expatriés2 (dont le rapatriement de français de Wuhan le 31/01/2020 qui est l’un des premiers foyer de propagation en France), et les flux commerciaux via le fret maritime et aérien, que ce soit au travers de membres d’équipages porteurs ou de marchandises contaminées (ce dernier mode de transmission étant limité par la faible durée de vie du virus sans porteur).

La mondialisation ayant entrainé une forte division internationale du travail, du fait de la spécialisation locale qui en résulte (pays-ateliers en Asie, tertiarisation de l’Europe, etc.), la majorité des pays ne peuvent évoluer en autarcie. En découle une réciprocité des échanges qui ne pouvait qu’amener à une deuxième vague (voir d’avantage), l’évidence de cette dernière étant opacifiée par les médias qui l’évoquaient souvent comme un fait propre à la maladie et non comme un fait économique. Les exemples ne manquent pas. Prenez par exemple ce pilote de ligne français participant au pont de ravitaillement en matériel médical et qui fut testé positif au COVID par les autorités chinoises le 31 mars3, ou encore sur cette autre réintroduction du virus dans son pays d’origine via des importations de poulets en provenance du Brésil à Shangaï4.

Le problème est que ces flux mondialisés de biens, mais aussi de personnes (ne croyez pas qu’une immigration non maitrisée en temps normale soit mieux gérée en période de crise), forment une convergence d’intérêts privés trop importantes pour que les hommes de pouvoir souhaitent les stopper. La Chine veut rester première exportatrice de produits manufacturés, les multinationales veulent continuer leurs profits et les gouvernements occidentaux, qui sont le produit de partis qui ne sont eux-mêmes que des syndicats d’intérêts, sont bien contents de continuer leur tâche de prestataire du grand Capital. A cela s’ajoutent les incapacités à l’auto-suffisance précédemment évoquée, que l’on peut illustrer de manière flagrante par l’incapacité de la France à se nourrir elle-même5, ou encore par la production locale nulle en médicaments6 et matériels médicaux7 élémentaires qui ont été mis en lumière au début de la crise.

Conséquences sur le terrain : à défaut de pouvoir faire Verdun, on fera Bir Hakeim. Car le politique se trouve contraint d’agir dans cette société du spectacle, il faut paraitre, la compétition électorale n’étant pas effacée par les événements. Ne pouvant/souhaitant pas stopper le mal à sa source, l’État choisit une guerre de ralentissement. Nos hôpitaux, ravagés par les coupes budgétaires de 20 ans de politique libérale, sont incapables d’encaisser de front. Alors on fait des confinements, des couvre-feux pour gagner du temps, et tant pis si les indépendants et les restaurateurs doivent en crever ; même sans COVID les grands groupes auraient de toute façon eu raison de ces victimes collatérales sur le long terme. Le but est de maintenir l’économie mondiale à flot jusqu’à l’élaboration du vaccin qui permettra enfin le retour à la normale, sans avoir à agir sur les causes profondes de la crise.

Alors, nous tenons à le dire : non, nos dirigeants ne sont pas fous ! Non, nos dirigeants ne sont pas incompétents ! Mais nos dirigeants sont issus d’une élite mondialisée rationnelle et pragmatique dont l’agenda porte sur le maintien du système techno-capitaliste qui les a mis en place, et non sur le bien commun d’un peuple pour lequel elle n’a jamais montré qu’un profond mépris.


Alors que retenir de cette crise ?


La première, dans le monde du libéralisme triomphant, si vous chercher à comprendre le processus de décision, regardez non pas les milieux politiques mais les milieux d’argent.

La seconde, si vous cherchez des coupables, c’est facile : c’est vous et moi. C’est nous qui supportons le système en acceptant de vivre de ces chaines logistiques qui brident toujours plus nos libertés en plus de nous mettre en danger, pour un peu de confort, légitimant ainsi les actions de nos dirigeants que nous prétendons condamner.

La bonne question est donc de savoir si nous voulons réellement nous libérer de ces chaines. Mais elle en amène une deuxième plus inquiétante : en avons-nous encore la capacité alors que nous ne sommes même plus autonomes sur les productions élémentaires pour notre survie ?

Quelques conseils de lecture pour approfondir la réflexion sur la mort du politique et l’avènement du système technico-capitaliste :

  • Bernard Wicht, Citoyen soldat 2.0, Paris, Astrée, 2017.

  • Comité Invisible, L’Insurrection qui vient, Paris, La Fabrique, 2007.

  • Théodore Kaczynski, La Société industrielle et son avenir, Paris, L'Encyclopédie des Nuisances, 1998.

  • Carl Schmitt, La Notion de politique suivie de Théorie du partisan, Paris, Flammarion, 1992. ou Julien Freund, L’Essence du politique, Paris, Dalloz, 2003.

Chronique entendue sur les ondes de Radio Virus le 16 novembre :


Fréquence Soleil Vert


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