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A mort le Baccalauréat !



L’épreuve 2020 du Baccalauréat ne déchaîne pas l’enthousiasme de la jeunesse française : et pour cause, les résultats sont connus depuis belle lurette. Le bac’ de cette année ressemble évidemment à celui de 1968.


Mais derrière le Covid-19, une politique de confinement critiquable et des procédures de déconfinement extrêmement contraignantes pour les établissements scolaires, une autre réalité se profile à l’horizon. Le Baccalauréat est un examen largement surcoté, ne soyons pas hypocrites : si les admis manifestent bruyamment leur joie devant les murs des résultats, c’est parce qu’ils se félicitent de passer un été sans révision.


La chute du niveau scolaire est telle, parallèlement à la politisation (contre la gauche, tout contre…) des professeurs, que l’épreuve finale des années lycée est une vaste imposture. Le roi est nu, qu’on lui retire sa couronne et qu’on n’en parle plus ! Le Baccalauréat, comme tout l’édifice scolaire français, est le pur produit de l’idéologie républicaine du « citoyen éclairé ». Celui-ci, émancipé de ses bouseux de parents, paysans enchaînés à la terre et sous la férule des curés, peut grâce à l’école de la République devenir un bon Français !


A droite, on fantasme un peu les hussards noirs de la IIIe République en oubliant que la rigueur de ces derniers visait d’abord à éjecter la concurrence des écoles chrétiennes en proposant une morale irréligieuse sur mesure. Le bac’ n’est que le couronnement de ce système de dressage situé à mille lieux de l’exigence bienveillante et profonde qui distingue la pédagogie de Don Bosco, le saint patron des éducateurs, de la longue règle en bois des maîtres d’école de nos arrière-grands-parents. Le bac’ est une merveilleuse illustration de l’égalitarisme moderne, qui impose à tous le même enseignement sans discerner les vocations, les talents, les aspirations…


A la fin du compte, on sort de l’école avec des notions théoriques vite noyées dans les pintes de bière des soirées étudiantes. De ce grand broyeur intellectuel, il ne peut qu’émerger des générations d’imbéciles heureux et prétentieux, dont le seul souvenir concret de leur scolarité se résume à la satisfaction petite-bourgeoise d’avoir gagné un titre qui ne vaut rien. Le bac’ ne sert qu’à repêcher les élèves qui ont dormi sur leur table pendant l’année, ou tout simplement qui n’avaient plus leur place sur les bancs de l’école depuis plusieurs années. Ces derniers auraient brillé ailleurs, dans ces métiers manuels, agricoles ou artisanaux condamnés par la tyrannie du tertiaire et des écoles de commerce où l’on apprend à filouter son prochain entre deux stages d’humanitaires dans un village africain.


Mais Chloé et Marie-Eugénie sont contentes : elles pourront montrer sur Instagram qu’elles demeurent resplendissantes même sans maquillage et entourées de crève-la-faim « pleins-d’humanité-et-qu’on-n’oubliera-jamais ».


Le problème, ce n’est pas le Baccalauréat, qu’il faut évidemment liquider, mais toute la philosophie utilitariste qui irrigue l’école : celle-ci doit-elle favoriser le développement intégral de la personnalité humaine ou bien fabriquer des singes savants en série ? La question, comme dit l’autre, elle est vite répondue !

Julien Langella



Retrouvez tous les samedis, dans le Quotidien Présent, les réflexions inspirées par l’actualité à Julien Langella, cofondateur de Génération identitaire et membre d’Academia Christiana.


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